Deux adoptions bien différentes,
deux résultats absolument merveilleux

familleNous avons maintenant les deux enfants, un garçon et une fille, les plus beaux, les plus affectueux et les plus intelligents au monde, mais pour en arriver là.... Je vous raconterai donc l’histoire de l’adoption de Sarin, maintenant âgé de 4 1/2 ans en octobre 1999 et d’Ève 2 1⁄2 ans en février 2003.

Comme la plupart d’entre vous, mon mari Éric et moi avons toujours désiré des enfants, plusieurs enfants. Voyant qu’il nous était impossible d’en avoir de façon naturelle, ni même avec un peu d’aide (clinique de fertilité), nous nous sommes tournés vers l’adoption internationale, et cela s’est fait, sans aucun regret, tout ce que nous voulions c’était des enfants. À l’été 1997, nous commençons nos démarches, recherchons un pays et une agence, notre choix s’arrête sur la Thaïlande avec l’agence Enfants d’orient. Les délais et les coûts répondaient à nos attentes et j’avais parlé à Madame Kang qui m’avait inspiré confiance.

Nous nous sommes donc mariés en vitesse et avons déposé notre dossier à la fin novembre 1997. À cause du temps des fêtes, notre dossier a été envoyé en Thaïlande en janvier 1998. Nous demandions un enfant, âgé entre 0 et 24 mois, garçon ou fille. Un peu plus tard, nous avons modifié notre demande en ajoutant que nous accepterions un enfant jusqu’à 30 mois.

À ce moment, les délais étaient entre 18 et 24 mois d’attente. Le 1 er août 1999 (après donc 18 mois), nous recevons un appel de l’agence, la présidente de l’époque, Madame Dubuc, arrive de Thaïlande et nous annonce que nous sommes jumelés à un petit garçon de 9 mois qui s’appelle Sarin Paleuksila et qui demeure dans un orphelinat à Songhkla, à l’extrême sud du pays. Cependant, la proposition ne nous est pas encore faite, il nous faudra donc attendre encore 2 à 4 mois pour la recevoir et se préparer au départ. Nous commençons plus sérieusement les démarches, avertissons nos employeurs (notez les dates, j’avais commencé un nouvel emploi le 1 er août 1999), recevons nos vaccins, etc.

Le 1 er septembre 1999, ça y est, la proposition est entrée et nous nous rendons chez Madame Franciosi dès le lendemain pour voir les photos et accepter la proposition (nous avions en main la lettre d’acceptation, il n’était pas question que nous refusions). Les photos étaient très belles, nous en avions quatre, dont une où il souriait. Contrairement à l’expérience d’autres personnes, nous ne sommes pas tombés en amour avec les photos immédiatement (même s’il était très beau), il nous fallait apprivoiser cette image. Je crois que, pendant notre attente, nous nous faisons une image de cet enfant que nous voulons tant, si bien qu’il est impossible que la photo soit semblable à cette image. Notre fils, plutôt grand et très costaud a, en plus, de grands yeux ronds, rien qui correspond à l’image que nous nous faisions d’un enfant asiatique. Mais cela n’a pas été long qu’il est devenu notre fils, le seul enfant que nous voulions.

Le premier voyage

Nous sommes partis le 18 octobre 1999, nous voulions être avec Sarin le jour de son 1 er anniversaire soit le 27 octobre, le comité était le 28 octobre. Nous sommes donc passés par Bangkok (ou nous avons rencontré 2 couples québécois qui seraient au même comité que nous), puis, après avoir rencontré la travailleuse sociale, nous nous sommes envolés pour Songhkla. Dès notre arrivée, à l’aéroport, la travailleuse sociale nous attendait pour nous amener rencontrer notre fils. La première chose qu’elle nous a dite concernant notre fils et nous ne l’oublierons jamais c’est: «Everybody loves Sarin!». Nous avons donc rencontré ce garçon souriant et joyeux qui dansait dans les bras de sa nounou et nous avons compris pourquoi tout le monde aime Sarin. Même à un an, c’était un boute-en-train charmeur et adorable. Nous avons passé environ deux heures avec lui à l’orphelinat avant d’être reconduit à l’hôtel par la travailleuse sociale, en chemin, elle est venue avec nous acheter du lait à l’épicerie. Pour vous dire le dépaysement, tout était écrit en Thaï sur la boîte de lait, nous avons dû aller à la réception de l’hôtel pour nous faire expliquer, par gestes, combien de cuillères il fallait pour un plein biberon de lait.

En arrivant à la chambre d’hôtel, Sarin s’est mis à pleurer et a pleuré, presque sans arrêt pendant deux jours, il n’était bien que dans les bras de sa maman ou n’importe ou à l’extérieur de la chambre. Nous avons passé beaucoup de temps dans le lobby de l’hôtel. En plus, il avait la diarrhée, nous avons appelé la travailleuse sociale le lendemain et elle nous a amené chez un médecin qui nous a, au moins, donné quelque chose pour le réhydrater et un médicament contre la diarrhée (rien contre les parasites dont il était infesté). Ces journées ont été très difficiles, et, je le dis parce que plusieurs couples traversent ces moments difficiles et se croient seuls sur la terre, nous nous sommes dit: dans quoi nous sommes-nous embarqués? On était donc bien tout seul! Tout à coup, il n’arrête jamais de pleurer! Qu’est-ce qui arrive s'il ne nous aime pas? Et si nous, on n’arrive pas à l’aimer?

Nous sommes enfin rentrés à Bangkok où nous attendaient les deux autres couples qui étaient aussi allé chercher leur enfant en même temps que nous. Quel soulagement! Pouvoir parler à quelqu’un et obtenir du soutien, des conseils, etc. Le reste du voyage s’est déroulé à merveille, dès le jour du comité, nous avions notre visa et nous avons contacté notre compagnie aérienne pour rapprocher notre départ. À l’arrivée, chez le médecin, nous avons su que Sarin était infesté de parasites que je les avais attrapés. Pour le reste, la santé était parfaite et l’est encore et l’adaptation s’est très bien passée, il faisait ses nuits un mois après notre arrivée et les fait depuis. Il a marché à 13 mois et n’a jamais eu aucun retard de langage.

Dès notre arrivée, nous nous sommes inscrits sur la liste d’attente pour déposer un nouveau dossier pour la Thaïlande. Après le dépôt du dernier rapport-progrès soit 7 mois après notre arrivée, nous avions fait une autre demande, cette fois-ci pour une fille, toujours entre 0 et 24 mois. C’était début juillet 2000.

Entre temps, les délais n’ont cessé d’augmenter, particulièrement pour une fille. Suite à une lettre de l’agence, nous avons décidé de changer notre demande pour un garçon ou une fille indifféremment, nous avons donc écrit une lettre à ajouter à notre dossier. À partir de juillet 2002, nous nous attendions à un appel à tout moment, nous appelions souvent l’agence pour vérifier s’il y avait des changements. Nous avons commencé à nous inquiéter quand nous avons su, suite à une visite des gens de l’agence en Thaïlande, que notre dossier était toujours en attente pour une fille, il y avait eu une erreur. L’erreur fut corrigée, mais peut-être trop tard. Le délai pour une fille dépassait maintenant 30 mois. Nous avons attendu et attendu encore, jusqu’au 15 décembre 2003, 3 jours avant 29 mois d’attente. On nous proposait une fille, elle avait près de 2 ans, elle était en santé sauf pour des convulsions fébriles (dues à de fortes fièvres). Sur les photos, elle était, comme son frère, plutôt ronde avec les cheveux courts, toujours pas le coup de foudre. Cette fois-ci, nous n’avons pas répondu tout de suite, à cause des convulsions, nous voulions savoir ce que ça impliquait. Noël approchait, notre pédiatre venait de prendre sa retraite et plusieurs personnes nous disaient que c’était très commun et sans grandes conséquences, donc, nous avons dit oui.

Trois choses continuaient de nous inquiéter, les convulsions (nous étions armés de Tempra sous toutes ses formes), l’âge (elle aurait 25 mois lors de notre rencontre) et elle était en famille d’accueil (comment se passerait la séparation?).

Le second voyage

Nous sommes partis le 30 janvier avec notre grand garçon de 4ans et un autre couple qui allait également adopter et qui avait aussi un enfant plus vieux. Nous avions loué un appartement ce qui nous a beaucoup adouci le voyage.

Ève était à Chiang Mai à l’extrême nord du pays. Nous sommes donc partis avec Sarin pour rencontrer sa sœur. Cette fois, la travailleuse sociale, nous prenait à l’aéroport et nous déposait à l’hôtel pour revenir nous chercher le lendemain et nous amener à l’orphelinat pour la rencontrer. La rencontre fut très difficile, Mew (c’était son surnom) était accrochée à sa nounou et ne voulait rien savoir de nous. Éric l’a arrachée à celle-ci et elle a hurlé pendant 5 minutes, puis elle s’est tu et s’est accrochée désespérément à Éric. Elle a souri dès le premier jour, mais elle devait être sur Éric constamment. Maman n’avait aucun droit de l’approcher, ni même de tenir sa poussette. Le pire, c’est qu’on nous a ramené à l’hôtel pour ensuite venir nous chercher et nous amener voir sa famille d’accueil. Une autre déchirure. Elle était dans une famille américaine, ce qui nous a un peu facilité les choses, nous pouvions facilement dialoguer avec la dame qui s’en occupait et, en plus, Mew comprenait l’anglais.

«À cet endroit, un choc nous attendait, on nous a annoncé qu’Ève (c’est ainsi que nous allions la nommer) était épileptique et qu’elle prenait des médicaments.»

À cet endroit, un choc nous attendait, on nous a annoncé qu’Ève (c’est ainsi que nous allions la nommer) était épileptique et qu’elle prenait des médicaments. On nous a donné les médicaments, les résultats de son électroencéphalogramme et de sa résonance magnétique (scanner). Nous étions sous le choc, nous étions inquiets quant aux séquelles d’une telle maladie, mais, l’une des bénévole de la famille d’accueil nous a rassuré en nous disant qu’Ève n’avait aucun retard et qu’elle parlait plus que tout le monde, en anglais et en thaï. Nous sommes donc repartis à l’hôtel où nous nous sommes posé les mêmes questions que lors de la première adoption et comme pour la première, nous avons continué.

Nous sommes rentrés à Bangkok où nous étions contents de retrouver l’autre famille qui nous accompagnait. Ève ne voulait toujours rien savoir de moi, mais allait volontiers vers le père de cette famille. Plus tard, nous avons constaté qu’elle n’aimait vraiment pas les femmes.

Pendant tout le voyage, elle n’est jamais venue volontairement dans mes bras, au début, elle devenait complètement amorphe en ma présence, mais si je m’absentais, Éric m’accueillait en me disant qu’elle s’était bien amusée en mon absence. À certains moments, j’ai dû la prendre de force (Éric était malade), elle a crié puis est devenue amorphe et s’est endormie dans mes bras, comme pour fuir la réalité. J’ai vécu l’enfer, être repoussée par l’enfant que tu as tant voulu, c’est très difficile. Notre grand garçon en avait assez de me voir pleurer.

EnfantsÉric de son côté aussi trouvait cela très difficile, physiquement, elle pesait 34 lb, c’est très lourd à porter 12 heures par jour. De plus, il n’était plus capable de jouer avec Sarin ce qui l’accablait énormément et, elle le suivait partout, il devait attendre qu’elle dorme pour prendre une douche. Heureusement, encore une fois, la petite fille de l’autre famille tenait beaucoup compagnie à Sarin ce qui a fait qu’il n’a pas trop réagi.

Heureusement, à certains moments, vers la fin du voyage, Ève commençait à être plus gaie, même en ma présence. Nous pouvions entrevoir la belle jeune fille qu’elle allait devenir et cela nous donnait de l’espoir et le courage de continuer. C’est à l’aéroport quand nous attendions pour revenir qu’elle est venue vers moi pour la première fois.

En arrivant à la maison, sa réaction nous a surpris. D’abord, elle a vu le chien et l’a tout de suite adopté, puis elle s’est dirigée vers la salle de jeux, est ressortie avec un camion dans chaque main avec l’air de dire: «C’est ma maison ici». Après cette date, elle avait adopté ses deux parents, son frère, son chien et sa nouvelle maison.

Pour conclure, cela fait plus de 7 mois que nous sommes de retour, c’est comme si elle avait toujours été avec nous, elle ne semble même pas avoir de retard de langage en français. Elle est très sûre d’elle, ce qui, selon nous découlerait du fait qu’elle était en famille d’accueil. En plus, suite à des examens médicaux, elle ne semble pas faire d’épilepsie et il semble qu’elle n’en ait jamais fait.

Pour plus de photos visitez notre page familiale:

http://www.petitmonde.com/MaFamille/nicol/Publique/

Marie-Josée Lepage, Éric Nicol, Sarin (4 1⁄2 ans) et Ève (2 1⁄2 ans)
Septembre 2003

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©Copyright 2001 Marie-Josée Larue - Gilles Breton Tous droits réservés.
Date de publication: 30 septembre 2003

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