Notre histoire de famille... internationale

(Cambodge 1994-2001)

Bonjour à tous!

De l'infertilité...

Notre histoire de famille débute en 1994, c'était aussi le début de notre vie à deux. Mon conjoint Yves et moi, ne pouvions imaginer notre vie sans enfant, c'était décidé nous en aurions deux. Août 1995 marque le début de nos essais pour fonder une famille, la vie nous réservait des surprises mais pas celles que nous nous attendions. De mois en mois, nous gardons espoir, oui, l'aurons cette belle famille, celle dont nous rêvons. Déçus au fil du temps, nous commencions bien à nous douter que quelque chose n'allait pas, mais il fallait faire le pas pour passer à l'étape des tests de fertilité... une décision difficile à prendre car nous nous doutons bien que les nouvelles ne seraient pas trop bonnes après 1 1/2 années d'insuccès. Nous en discutons beaucoup et nous décidons d'aller consulter. Avant même d'obtenir des résultats, nous avions décidé, advenant le cas de tests prouvant notre infertilité, que nous n'irions ni en traitements de fertilité ni en fécondation, aucune de ces méthodes. Si nous ne pouvions avoir d'enfants, nous en adopterions.

Janvier 1997, le verdict tombe, nous ne pourrons avoir d'enfants biologiques. C'est difficile à accepter, surtout quand c'est la secrétaire du médecin qui nous l'annonce, je me rappelle encore être assis sur le bras du divan un lundi soir à 17:00 heures et de ne plus trop savoir quoi dire. Se douter qu'on ne peut avoir d'enfants et se le faire annoncer c'est autre chose, le deuil de nos enfants biologique commence à ce moment.

Plusieurs mois passeront, de lourds silences. Moi, la maman peinée, je voulais en parler et mon conjoint ne voulait plus en parler, il voulait digérer. Quelques mois difficiles nous attendent, on va même jusqu'à remettre notre décision d'adopter des enfants en question, peut-être que nous sommes faits pour demeurer sans enfants après tout???

... À la décision d'adopter

C'est par un dimanche après-midi alors que je travaille au bureau de mon conjoint que se fait la plus belle rencontre de notre vie. Un policier, connaissance de mon conjoint, affiche dans la fenêtre de mon bureau les photos de ses 2 enfants: une petite puce originaire de la Chine et un petit garçon originaire du Cambodge. Pas besoin  de dire que c'est le coup de foudre, pour mon conjoint aussi! Nous convenons d'un moment pour aller rencontrer sa petite famille. Nous sommes le printemps 1997, nous sentons que nous renaissons à notre famille. Cette rencontre a lieu peu de temps après, quelle belle rencontre! Nous repartons avec un livre sur l'adoption, chaque pays y est listé ainsi que les critères, nous ne savons pas encore où nous adopterons mais nous savons que nos 26 ans ne nous permettent pas d'aller en Chine.

Une grande question se pose..... nous devons nous marier, c'était pour nous avant de songer à l'adoption, impensable, nous ne devions JAMAIS nous marier, on était bien comme ça. Le désir d'avoir des enfants est si fort, que nous acceptons de nous marier pour l'amour de nos futurs enfants.

Une première adoption...

Notre projet mûri encore au fil des mois, nous avons un penchant vers l'Asie. Nous ne voulons entreprendre aucune démarche tant que je n'ai pas la confirmation que j'ai un poste permanent à mon travail, je l'obtiens en juillet de cette même année. Août 1997, nous nous inscrivons officiellement à l'agence Formons une famille et nous optons pour adopter au Cambodge. Nous disons souvent que c'est le Cambodge qui nous a adopté car c'est le seul pays asiatique qui en 1997 acceptait les parents de notre âge. Nous optons pour adopter un jeune enfant âgé entre 0 et 2 ans, garçon ou fille.

Il s'écoulera 2 ans avant que notre projet de famille se réalise. Deux années difficiles, vécues dans la crainte que notre enfant n'arrive jamais, que les élections dans le pays tournent mal, que les inondations causent tellement de dégâts que le gouvernement ne siège pas, donc que les dossiers d'adoption n'avancent. Au cours de ces 2 années, nous avons vécu des émotions en montagnes russes, les déceptions étaient parfois grandes et les joies aussi.Nous arrêtions parfois de parler de notre futur bébé, par moments c'était tellement difficile. Mentalement, nous réalisons qu'il faut vraiment être "faits forts" pour passer à travers un processus d'adoption, nous n'y étions pas préparés, mais nous nous en sortons quand même bien. Fin août 1999, ma dernière journée de vacances.Le téléphone sonne à  9 h. du matin, c'est notre personne-ressource, ils ont une proposition pour nous: une petite puce cambodgienne de 4 1/2 mois, née le 1er avril.... est-ce que nous acceptons cette proposition? Bien sûr, notre famille commence à exister!!

Nous recevons régulièrement des photos de notre princesse cambodgienne, de plus en plus belle, on affiche les photos partout. Le grand départ pour l'autre bout du monde se fera le 20 novembre 1999. Un bien long voyage pour un couple qui n'était jamais sorti du Québec. Nous sommes motivés, notre petite puce nous attend. La première rencontre se fait assez bien, mais notre bel amour a vécu 7 mois avec la même nounou, elle y est très attachée. Pour elle le départ de l'orphelinat fut déchirant, nous aurons à apprivoiser notre petite Nao-Mee. Les mois au retour se passent bien, nous sentons notre princesse très insécure face aux étrangers et nous respectons cela, nous établissons une routine très stricte afin de la sécuriser. Nous flottons, nous voilà papa et maman.

... Et puis une deuxième adoption

L'été suivant l'arrivée de Nao-Mee mon conjoint aborde l'idée d'une deuxième adoption, je ne suis pas prête. J'ai besoin de me «rassasier» de l'amour de ma fille. Comment aimer un 2e enfant sans blesser ma petite puce si fragile? Peut-on aimer autant un 2e fois également?? Ce sont des questions que nous nous posons. Notre travailleuse sociale nous répondra plus tard: «L'amour, ça ne se partage pas, ça se multiplie», mais comment? Nous savons que nous pourrons aimer un 2e enfant, mais les rendrons-nous heureux également? La vie nous dira oui plus tard.

Mai 2000, je suis prête, nous nous lançons dans un 2e projet d'adoption.Malheureusement, le jour où j'ai téléphoné afin de nous inscrire à l'agence, l'adoption venait de fermer dans le pays. Ils restructuraient leur loi, les délais de réouverture devaient être de quelques semaines..... ces quelques semaines furent transformées en plusieurs mois.Encore une fois, nous vivons des émotions en montagnes russes, nous ne voulons pas changer de pays, c'est au Cambodge que nous voulons retourner.... nous devrons patienter jusqu'en avril 2001 pour pouvoir déposer notre dossier à la réouverture de l'adoption. Début juillet alors que je dîne avec ma fille, à midi trente le téléphone sonne, ils ont une proposition pour nous: un garçon né le 8 octobre 2000, il a 9 mois, quel bonheur! Je saute, je crie, je danse avec ma fille qui devient sur le coup du haut de ses 2 ans: une grande soeur! Un merveilleux moment. Papa rejoint au travail est tout aussi heureux que nous.

Quatre mois plus tard, le 26 octobre, nous repartions pour le Cambodge, en laissant notre petite princesse ici.Une séparation très déchirante pour nous et pour elle, mais nous trouvions qu'un si long voyage pour ses 2 1 /2 ans était trop intense. Elle est demeurée entre bonnes mains chez Mamie et Papi.

La semaine passée au loin nous comble de bonheur, comme 2e voyage, ça se passe mieux. Le choc culturel est passé, nous avons déjà constaté la grande pauvreté du pays à notre premier voyage, maintenant nous savourons la richesse de son peuple. Le Cambodge nous habite maintenant pour la vie.

À notre arrivée au Québec en compagnie de notre fils le 3 novembre, notre fille nous attend. Quel choc de la voir si grande, elle caresse doucement la joue de son nouveau petit frère, et nous dit: «C'est MON frère», avec une voix si douce.

Les premières semaines seront plutôt éprouvantes pour notre grande fille, s'adapter à son frère ne se fait pas facilement. Antoine, quant à lui, est tout heureux, il agit comme s'il avait toujours habité notre maison, il explore et sourit.

Notre petit nid d'amour familial est maintenant comblé par nos 2 amours cambodgiens. L'adoption fut pour nous le moyen choisi pour fonder notre famille, nous n'avons aucun regret de ne pas avoir vécu la grossesse. Nos enfants savent qu'ils n'étaient pas dans mon ventre mais dans le ventre de leur maman cambodgienne, c'est ce qui explique nos différences, celles que les autres voient et que nous nous ne voyons plus. Ma grande fille de 4 ans qui s'exprime bien maintenant me dit que, même si elle n'était pas dans mon ventre, elle est spéciale car elle est un bébé d'amour, car elle a grandi dans nos coeurs comme son petit frère Antoine et qu'elle est remplie d'amour grâce à cela. Nous comme parents, nous sommes tout simplement comblés de bonheur, un bonheur inestimable.

Nous voulons retourner au Cambodge quand les enfants seront plus vieux, nous voulons qu'ils connaissent ce peuple si sympathique, si attentionné. Tous les deux regardent souvent les cassettes vidéo  filmées au Cambodge lors de leur adoption, le Cambodge fait partie de leur vie.

Quel beau rêve d'amour!

Comme je dis souvent à la blague aux enfants: vous avez un papa et une maman ... à la vanille et vous êtes deux beaux bébés au chocolat, quel heureux mélange!

Nathalie Monfette
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©  Copyright 2003 Gilles Breton Nathalie Monfette Tous droits réservés.
Date de publication: 24 juillet 2003

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