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Y a-t-il une vie après l'hépatite B?


    Être porteur de l'hépatite B n'est pas une condamnation à mort. Avant l'ère de la vaccination, les médecins avaient peu recours aux tests de dépistage, sauf chez les donneurs de sang. Puisqu'on ne pouvait offrir ni traitement ni moyens préventifs, il n'y avait pas de raison de dépister cette infection. Seuls les cas les plus graves étaient diagnostiqués, laissant croire aux médecins que la maladie était plus sévère qu'elle ne l'est en réalité. Maintenant que le dépistage est utilisé plus souvent chez les personnes en bonne santé, on réalise que la majorité des porteurs chroniques du virus de l'hépatite B ne présentera jamais de complication.

Puisque les moyens de détection et de traitement des complications s'améliorent sans cesse, la plupart des enfants vivant avec l'hépatite B peuvent espérer avoir une vie normale.

L'hépatite B ne doit pas être vue comme un nuage gris au dessus de la tête des familles touchées. Ce n'est certainement pas quelque chose qu'on aurait souhaité, mais ce n'est pas non plus la pire chose qui pourrait arriver à notre enfant.

En tant que parent d'un enfant porteur et spécialiste en maladies infectieuses qui côtoie tous les jours l'hépatite B, je pense avoir entendu toutes les réactions possibles à propos de l'adoption et de l'hépatite B. Heureusement, après la colère, le choc et la panique, la plupart des familles s'adaptent bien à cette réalité.

La majorité des enfants adoptés infectés et qui viennent de pays en voie de développement ont acquis l'infection à la naissance ou peu après (de leur mère) ou au cours de leur première année de vie (suite à des contacts avec les autres enfants à l'orphelinat).

Malheureusement, lorsque l'infection est contractée aussi précocement, à un moment où le système de défense est encore immature, 90% des enfants restent porteurs du virus pendant plusieurs mois, habituellement pour la vie. D'un autre côté, l'enfant a moins de risque de faire une infection grave. Son système immunitaire étant immature, il ne reconnaît pas le virus de l'hépatite B comme étant différent de ses propres cellules ce qui fait que le foie de l'enfant réagit peu ou pas du tout au virus.

Nous n'avons pas d'informations sur l'évolution des enfants infectés qui ont été adoptés et qui vivent selon les standards nord américains différents de ceux de leur pays d'origine (alimentation, environnement, soins de santé).

Les données à long terme chez les chinois vivant en Chine indiquent qu'une personne porteuse a un risque de 1 sur 4 de développer une complication (cirrhose, hépatite chronique). Certains facteurs comme l'alcool, les médicaments ou une hépatite d'autre cause peuvent augmenter le risque de complications.

Pour l'enfant porteur du virus de l'hépatite B mais en bonne santé (porteur asymptomatique), les experts recommandent un suivi annuel (examen, tests hépatiques). Après l'âge de 10 ans, l'enfant sera vu deux fois l'an.

En plus des tests déjà mentionnés, la plupart des médecins ajouteront un test de dépistage du carcinome hépatocellulaire (tumeur qui peut être traitée si dépistée précocement). Le dépistage se fait habituellement par une échographie hépatique ou un test sanguin.

Pour les enfants infectés qui présentent des problèmes (troubles de croissance, enzymes hépatiques élevés, infection par le virus de l'hépatite C ou D, infection par le virus de l'immunodéficience humaine) un suivi plus fréquent est recommandé (ex. aux 3 mois).

Par rapport aux porteurs asymptomatiques, ces enfants ont plus de risques d'avoir besoin de biopsie hépatique ou de traitement (interféron ou antiviraux). De façon paradoxale, ce groupe est également celui qui a le plus de chance de se débarrasser spontanément du virus dont il est porteur et ceci survient à chaque année chez 1% des porteurs.

L'enfant qui vit avec une hépatite B et sa famille doivent s'imposer une discipline de vie où soins de santé et bonne hygiène sont de rigueur. Seule une minorité d'enfants aura à vivre des interventions médicales plus importantes.

Considérez l'hépatite B comme l'hypertension ou l'hypercholestérolémie: contrôlez-la. Ne la laissez pas contrôler votre vie.

SOURCE:

  1. L'article original "Is there life after hepatitis B?" écrit par Jerri Ann Jenista, MD. est disponible sur Internet. Traduction et reproduction autorisée.

    Texte traduit et adapté par Gisèle Trudeau, médecin et publié dans «Échos adoption», journal de l'association des parents en adoption internationale du Saguenay-lac St-Jean, août 1998.



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©  Copyright 1997- Gilles Breton Tous droits réservés.

Date de publication: 2 octobre 1998
URL = http://www.quebecadoption.net/adoption/sante/santehepat.html