Comment décoder les rapports médicaux
des pays d'origine1

 

Extrait de «Focus on Adoption», Octobre-Novembre 1999

Texte basé sur les travaux d’interprétation des rapports médicaux avant adoption du Dr Jeri Ann Jenista, présentés à la Conférence du Conseil nord-américain sur les enfants en voie d’adoption qui a eu lieu du 28 juillet au 1er août 1999, à Pasadena, Californie, USA.

Le Dr Jenista est pédiatre à la clinique d’adoption internationale d’Ann Arbor, dans le Michigan. Éditrice d’Adoption Medical News, elle a adopté 5 enfants en Inde.

Le Dr Jenista évoque la possibilité d’établir le profil médical de l’enfant selon les informations fournies au moment de la proposition d’adoption.

Elle a remarqué que les pays d'origine des enfants adoptés ne sont plus les mêmes qu’il y a 10 ans. En 1989, ils venaient de maisons d’adoption de Corée, d'Inde et de Colombie. En 1999, la plupart des enfants viennent d’orphelinats russes et chinois. Durant cette même période, le nombre d’arrivées d’enfants adoptés au Canada et aux USA a plus que doublé. En 1989, la plupart des enfants proposés avaient moins de 12 mois. De nos jours, l'âge moyen se situe autour de 22 mois.

« D’une manière générale, le Dr Jenista estime que les enfants proposés en adoption d’aujourd’hui présentent un pourcentage élevé de risques médicaux et sociaux. »

Aux États-Unis, les cliniques médicales spécialisées en adoption s’inquiètent de l’augmentation des risques dus aux antécédents sociaux et médicaux. Ils encouragent les futurs parents à consulter les informations disponibles dans les publications, les cassettes audio et vidéo, sur Internet et à suivre des ateliers.

Il existe 24 cliniques médicales spécialisées en adoption aux USA (la plus proche de la Colombie britannique se trouve à Seattle et est dirigée par le Dr Julie Bledsoe) 2. Les pédiatres de ces cliniques évaluent la santé de l’enfant grâce aux données fournies au moment de la proposition, et complètent le profil par une évaluation lors de l’arrivée de l’enfant. Le Dr Jenista a compilé les données médicales de plus de 5 000 enfants de 20 pays différents proposés en adoption. Elle a constaté que le nombre de familles qui refusent les premières propositions augmente. Voyant que certains enfants ne sont pas adoptés pour des raisons médicales ou par manque d’informations, elle a basé son travail sur le nombre d'enfants proposés en adoption, et non sur le nombre d’arrivées aux USA.

Note du webmestre:

Les données contenues dans ce texte proviennent de l'expérience d'un médecin américain. Elles peuvent être plus ou moins éloignées de la réalité québécoise.

80% des rapports médicaux proviennent de l’ancienne Union soviétique. Les parents ayant reçu des propositions d'Asie, d'Afrique, d'Amérique Centrale et d’Amérique du Sud ne demandent pas autant de rapports. Le Dr Jenista estime que les parents réclament un rapport lorsqu’ils soupçonnent un problème, elle a constaté que peu de demandes émanent des parents adoptant en Chine. Dans 14% des cas, un enfant refusé est proposé une seconde fois à une autre famille. En moyenne, les familles émettent 2 refus avant d’accepter un enfant. 60% des enfants proposés ont moins d'un an; 20 % ont moins de cinq ans tandis que 20 % ont plus de cinq ans. Les fratries font l’objet de 10% des propositions.

L’information médicale fournie par la chine est très mince. Les rapports se limitent à des séries de cases cochées visant à indiquer que tout est normal. Les pédiatres souhaiteraient une information plus détaillée. La Russie, quant à elle, envoie souvent un vidéo de l'enfant. Utile pour détecter le syndrome d'alcoolisation foetale (SAF), la vidéo peut également donner des indices sur le comportement de l'enfant, et aider à confirmer ou infirmer les conclusions du rapport sur le développement. Par exemple, si on constate sur un vidéo que l’enfant louche, alors que ce n’est pas signalé dans le rapport médical, les parents sont en droit de se demander si d’autres élément ont été omis.

En ce qui concerne les enfants d'Asie, d'Amérique du Centre et d’Amérique du Sud, les principaux problèmes diagnostiqués sont la malnutrition (19 %), l'hépatite B (18 %), la petite taille du périmètre crânien (11 %), un poids de naissance inférieur (10 %), la naissance prématurée (10 %), la paralysie cérébrale (9 %) et d'autres anomalies congénitales (8 %). D'une façon générale, ces diagnostics sont mentionnés au moment de la proposition et les parents veulent connaître leurs implications. L'utilisation par la mère de drogue, SAF, la malaria et la syphilis sont rares chez les enfants qui viennent d'Asie.

Les enfants de l’ex-URSS sont abandonnés dans des orphelinats pour diverses raisons: la plus courante est le manque de ressources financières des parents, suivie de près par le statut de célibataire. Il arrive également que des parents ayant déjà de nombreux enfants choisissent de les placer dans des orphelinats. Le manque de ressources avant la naissance, la syphilis et l'abus d'alcool ont également été cités. Curieusement, toutes les propositions d’enfants de l'ex-URSS mentionnent un diagnostic d'encéphalopathie périnatale ou d'affectation périnatale du système nerveux central. Ces diagnostics sont authentiques et sont établis de bonne foi par les médecins locaux; cependant, ils ne veulent rien dire pour les pédiatres nord-américains. Par contre, on soupçonne d'autres problèmes comme le SAF (3%), fetopathy alcoolique (2%, même chose que SAF), le rachitisme (41%), l’hypermétropie (déficit de la vision de loin, 17%), et la dysplasie de la hanche (11%).

D’une manière générale, le Dr Jenista estime que les enfants proposés en adoption d’aujourd’hui présentent un pourcentage élevé de risques médicaux et sociaux. Les rapports médicaux sont souvent incomplets et difficiles à interpréter. Ils comportent cependant des données sociales et médicales valables. L’évaluation avant adoption permet aux familles d’évaluer les inconnues en jeu dans un type particulier d'adoption, mais il n’en reste pas moins que des efforts importants sont encore à faire pour améliorer la fiabilité de l’information médicale.

En Colombie Britannique, pour obtenir un avis sur la probabilité de SAF chez un enfant proposé, il est possible de soumettre une photo ou un vidéo au réseau de soutien SAF (604-589-1854).

Auteure: Helen Mark

Référence

Enfants exposés aux drogues ou à l’alcool en période prénatale : Weighing the Risks of Adoption, par Susan Edelstein, un des seuls livres qui aborde le sujet en se concentrant sur les résultats de l'adoption. À la librairie AFABC ou chez les éditions Odin. Prix : 19,95$. Appelez le 1-800-223-6346

Source

  1. Ce texte de Helen Mark a été publié dans l'édition oct./nov.1999 de la revue Focus on Adoption, revue de l'asssociation des familles adoptives de la Colombie-Britannique. Il est disponible dans Internet en version originale anglaise sous le titre «Deciphering Intercountry Adoption Records».
  2. Au Québec, il existe quelques cliniques spécialisées en adoption. Voir à ce sujet la page de ce site sur Les autres organisations pertinente. en adoption.
  3. La traduction a été faite par Maryline Dhellemme.
  4. Copyright © : Association des familles adoptives de Colombie britannique: votre centre de ressources pour l'adoption. Tél:(604) 588-7300 ou 1-877-ADOPT07. Fax: (604) 588-1388.
    Courriel: [email protected]. Site web : www.bcadoption.com



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