La démarche préadoption:
Mythes et réalités

Des réponses plausibles

    Vous êtes curieux de voir les réponses au questionnaire. Bravo, si vous y avez répondu, c'est que vous avez commencé une vraie réflexion sur votre projet d'adoption. Si vous avez triché et atteint cette page sans avoir répondu aux questions, et avant de lire les réponses plus bas, retournez en arrière, vous verrez, l'exercice sera beaucoup plus profitable.

Les «réponses» ci-dessous sont des exemples de réponses; chacun à droit à son opinion. Le but de cette page est d'alimenter votre réflexion afin que vous trouviez votre réponse.

1. Une adoption a plus de chance de réussir si l'enfant ressemble aux parents.

Un peu gros comme question mais avez-vous vraiment pensé à votre attitude à l'égard de cette différence. Vous serez surpris la première fois qu'une personne, enfant ou adulte, vous regardera alternativement, vous et votre enfant, et vous demandera: «C'est vraiment votre enfant ?»

Vrai Faux
2. Il faut expliquer de façon claire et sans restriction le contexte dans lequel les parents biologiques ont abandonné leur enfant en adoption.

Sans doute une des règles de base de l'adoption internationale: ne rien cacher à son enfant. Et puis, les parents biologiques n'ont pas abandonné leur enfant mais ils vous l'ont plutôt confié.

Vrai Faux
3. Une fois le coût de l'adoption établi, il ne peut y avoir aucun frais supplémentaire requis.

Tous font de leur mieux pour vous donner un estimé des coûts, mais il vaut mieux avoir une réserve, au cas où. Établissez votre limite budgétaire. Si vous êtes prêt à payer tout ce qu'on vous demande sans limite, attention: il y a des cas où des familles ont payé plusieurs dizaines de milliers de dollars et n'ont pas eu d'enfant.

Vrai Faux
4. Si au cours des deux premiers mois suivant l'arrivée de l'enfant tout se passe bien, l'intégration ne posera plus de problème.

Bien sûr que non, les «problèmes» ou les difficultés peuvent survenir plusieurs années plus tard, ou ne jamais se produire.

Vrai Faux
5. Il n'est pas souhaitable de rappeler à l'enfant sa culture d'origine de crainte de le perturber (musique, peinture, objets d'arts ou décoratifs, nourriture, etc.).

On pourrait certainement en débattre, mais l'attitude la plus appropriée est peut-être la suivante. Mettez l'enfant en contact avec sa culture d'origine; s'il y montre un intérêt, on peut l'encourager à aller plus loin, sinon on n'insiste pas. Bien sûr, il n'est pas facile pour des parents de transmettre une culture qui n'est pas la leur et vos efforts en ce sens seront sans doute imparfaits.

Vrai Faux

6. Les échecs au niveau de l'adoption se situent généralement dans les familles avec enfant(s) biologique(s).

Aucune relation. Les échecs et les succès se trouvent dans tous les types de famille. Les enfants biologiques doivent être préparés mais ils constituent simplement des personnes susceptibles d'accepter et de s'adapter plus ou moins bien à votre enfant adopté, comme vos pères et mères, vos amis, vos voisins.

Vrai Faux
7. Les frais d'adoption indiqués par les agences ne comprennent pas tous les frais légaux.

Cela dépend des agences, il y en a qui sont meilleures que d'autres comme pour tout service. Posez des questions pour vérifier quelles étapes sont incluses dans les estimés qu'on vous soumettra. Certains frais ne sont pas toujours clairs en début de processus. Par exemple, il y aura des frais pour obtenir le jugement d'adoption québécois, ce qui se produit plusieurs mois après l'arrivée de l'enfant au pays.

Vrai Faux
8. Il est très probable que l'enfant veuille connaître ses parents et son pays d'origine.

C'est une réaction bien naturelle mais qui peut prendre plusieurs formes et plusieurs degrés. Certains enfants ne s'y intéresseront pas du tout; les organisations qui s'occupent de retrouvailles estiment à 80% la proportion des enfants adoptés qui ne font pas de recherche d'antécédents. Les autres enfants pourront s'y intéresser plus ou moins et seulement une partie voudront absolument rencontrer leurs parents biologiques, alors qu'ils sont encore jeunes ou à l'âge adulte.

Vrai Faux
9. En donnant beaucoup d'amour à l'enfant adopté, on vient à bout de tous les problèmes.

Cette question n'est pas évidente. D'un côté, l'amour n'est sûrement pas la seule chose dont l'enfant adopté a besoin mais, en tout cas, c'est un gros morceau. Parfois, les premiers temps sont difficiles puis finalement parent(s) et enfant(s) en viennent à s'apprécier. D'un autre côté, il y a des recherches qui indiquent que l'amour ne peut pas tout. Parfois, l'adoption échoue sans que les parents aient «manqué d'amour»; il peut exister une incompatibilité parent-enfant sans que l'amour ait un rapport avec cela.

Vrai Faux
10. L'adoption par des étrangers est bien acceptée par les populations des pays d'adoption parce que cela permet de sauver leurs enfants en difficulté.

Certaines personnes de ces pays perçoivent l'adoption internationale négativement, comme un échec national. Certaines personnes des pays d'accueil pensent que l'adoption internationale est une solution de dernier recours qui ne doit être retenue que si elle constitue le meilleur intérêt de l'enfant. Cette dernière vision est d'ailleurs celle retenue par les nombreux pays, dont le Canada, qui ont signé la Convention de la Haye.

Vrai Faux

11. Une adoption correspond toujours à une rupture définitive des liens légaux avec les parents biologiques.

Selon le régime légal québécois actuel, c'est vrai. On appelle cela l'adoption plénière. Toutefois, il y a des pays d'accueil où ce n'est pas le cas. Alors, les enfants sont sous une forme ou l'autre confié à la famille adoptive sans que les parents biologiques perdent tout droit (par exemple, le droit de visite). On appelle cela l'adoption ouverte.

Vrai Faux
12. L'amour pour l'enfant adopté est automatique compte tenu que l'adoption est un choix.

Évidemment non. L'amour, c'est plus compliqué que cela. Parfois, il faut des mois pour s'amadouer et ce sont des cas difficiles où l'un ou l'autre des parents éprouvent des sentiments confus. D'autre fois, c'est instantané. Comme dans ce cas réel: vous entrez dans une chambre d'hôpital où votre enfant de 15 mois est soigné. Bien qu'il vous tourne le dos et soit arrivé il y a seulement deux jours, au son de votre voix, il se retourne avec un grand sourire. Alors, c'est le coup de foudre.

Vrai Faux
13. Un enfant noir est généralement plus lymphatique.

Grand dieu, si vous avez répondu vrai, vous feriez mieux d'oublier l'adoption internationale. Plus sérieusement, vous serez stupéfaits des réactions spontanées de votre entourage, du genre: «ils sont si bon dans les sports» ou bien «ils ont la danse dans le sang» . Les exemples sont forts nombreux et ces préjugés vous viendront de tous les milieux. On laissera les sociologues spéculer sur l'origine de ces croyances erronées qui accordent à la génétique une emprise exagérée.

Vrai Faux
14. En tant que parents, nous devons défendre notre enfant lorsqu'il est confronté à des à caractère raciste.

Sans verser dans le militantisme, si les parents adoptifs d'enfants étrangers ne combattent pas le racisme, qui le fera ?

Vrai Faux
15. L'adoption internationale est un geste humanitaire.

Rarement. Dans la majorité des cas, l'adoption internationale est essentiellement motivée par des besoins affectifs et l'impossibilité d'adopter des enfants en bas âge ici. Malgré cela, beaucoup de gens que vous rencontrerez avec votre enfant venu de loin insisteront pour vous dire: «Oh, que c'est beau ce que vous avez fait, il y a tellement d'enfants dans le besoin dans les pays pauvres.»

Vrai Faux

16. Il est important de laisser à l'enfant une image positive des parents biologiques.

Oui, très important. Après tout, ses parents biologiques font partie de lui, en quelque sorte. Avoir une bonne image de ses bios (on entend ça à l'occasion), c'est important pour former sa propre identité. Comment l'enfant se développerait-il s'il est convaincu que ses parents biologiques sont des lâcheurs ou des personnes sans coeur ?

Vrai Faux
17. L'adoption d'un enfant permet de faire le deuil de l'infertilité.

C'est le contraire: faire le deuil de son infertilité vous permet d'avoir la sérénité d'esprit requise pour amorcer un projet d'adoption avec une base émotive solide.

Vrai Faux
18. Il faut éviter que l'enfant adopté n'attire trop l'attention et les compliments car il va s'habituer à être le centre d'intérêt.

Ni plus, ni moins qu'un enfant biologique. De toute façon, l'enfant adopté, en raison de sa différence, est souvent le centre d'intérêt, positivement ou négativement.

Vrai Faux
19. Un avantage d'adopter un enfant noir, c'est qu'il n'aura pas besoin de crème solaire.

Ils sont naturellement mieux protégés mais, justement parce qu'il est plus difficile de les voir, les insolations peuvent être plus graves. Voilà un autre des préjugés envers les personnes à la peau noire qu'on entend souvent.

Vrai Faux
20. Offrir de bonnes conditions de vie matérielles constitue une garantie de succès pour l'intégration de l'enfant.

On connaît tous des gens mal «intégré», dans tous les milieux, adoptés ou non.

Vrai Faux

21. À l'adolescence, un enfant adopté ne présente pas plus de problèmes qu'un enfant biologique.

Les problèmes pourront être différents mais on ne peut dire qu'il y en aura plus ou moins.

Vrai Faux
22. Je m'attends à plus de gratitude de la part d'un enfant adopté, par rapport à un enfant biologique, compte tenu que je l'ai sorti de la misère.

Croyez-le ou non cette attitude est possible. Si c'est votre cas, pensez-y bien. De toute façon, on pourrait argumenter que, biologiques ou adoptés, les enfants ne nous doivent pas de gratitude. Peut-être même ne nous doivent-ils rien du tout ?

Vrai Faux
23. Il faut maintenir des contacts (lettres, photos, etc.) avec la famille d'origine de l'enfant.

Idéalement, c'est peut-être une bonne idée, pour aider l'enfant dans sa quête d'identité et en vue d'éventuelles retrouvailles. En pratique, c'est souvent difficile voire impossible. Et puis, il faut être soi-même à l'aise avec un tel contact avec les parents biologiques. Par contre, on peut dire que c'est faux parce que ce n'est pas une condition nécessaire au bonheur de l'enfant.

Vrai Faux
24. Un enfant adopté heureux ne posera pas de questions sur ses origines.

Tous les enfants posent, sous une forme ou une autre, des questions sur leurs origines. Même les enfants biologiques d'ailleurs.

Vrai Faux
25. Il est nécessaire de pouvoir se débrouiller dans la langue d'origine de l'enfant si j'adopte un enfant de plus de 2 ans.

Idéalement, oui. Il est clair qu'une langue commune est un atout important dans l'établissement d'une relation adéquate avec l'enfant récemment adopté. Si vous ne le croyez pas, demandez à la mère qui fut obligée de faire venir un interprète au beau milieu de la nuit pour consoler sa fille chinoise de 3 ans qui hurlait depuis deux ou trois heures!

Vrai Faux

26. Plus un enfant est âgé lors de l'adoption, plus son adaptation et son intégration sera difficile.

Tous les «experts» vous le diront, l'adoption d'un enfant relativement âgé est plus difficile que celle d'un enfant de moins de 2 ans. Par contre, beaucoup de parents adoptifs de tels enfants vous diront que c'est possible et certains diront même qu'ils ne pensent pas avoir eu plus de problèmes qu'avec un enfant en bas âge.

Vrai Faux
27. L'avantage de l'adoption internationale, c'est qu'on peut choisir notre enfant.

En pratique, on ne choisit pas son enfant. On ne se rend pas dans le pays pour choisir parmi les enfants d'un orphelinat, on ne choisit pas dans un catalogue, Dieu merci. On peut en principe refuser un enfant qui nous est proposé, pour de bonnes ou de mauvaises raisons, mais on ne peut pas en choisir un autre. Pour ceux qui tiendraient à choisir, il ne vous reste que l'adoption illégale, disons le carrément, que l'achat d'un enfant. Si vous pensez en ces termes, oubliez donc l'adoption; vous auriez toutes les chances de rendre un enfant malheureux, voire de l'abandonner une fois adopté.

Vrai Faux
28. Il est souhaitable que l'enfant puisse être en contact avec des enfants de la même origine une fois adopté.

Il sera toujours différent d'eux mais au moins il pourra mieux comprendre sa différence.

Vrai Faux
29. Il faut aider l'enfant à s'assimiler le plus rapidement possible à notre culture et à oublier ses habitudes d'origine.

Bien sûr, il est important que l'enfant s'intègre à son nouveau milieu; le contraire le marginaliserait encore plus. D'un autre côté, il a besoin de connaître ses origines et ce qu'il gardera de son pays, selon son âge, sera cher à son coeur. En fait, ça dépend de quelles habitudes. Si elles tendent à l'isoler et sèment de la confusion, peut-être vaut-il mieux qu'elles soient oubliées, sinon qu'il les garde, elles sont à lui.

Vrai Faux
30. L'hérédité est plus déterminante que l'influence du milieu.

Oh, non, n'entrons pas dans ce débat interminable. Bonnet blanc, blanc bonnet?

Vrai Faux

31. Si les enfants biologiques dans la famille adoptive sont bien préparés, ils accepteront l'enfant adopté sans problème.

Cela peut aider mais il n'y a pas de garantie en adoption internationale, quelque soit l'étape du processus.

Vrai Faux
32. Les enfants asiatiques sont dès la naissance plus intelligents que la moyenne.

Sans commentaire.

Vrai Faux
33. Il est primordial de recevoir une approbation de la famille immédiate (enfants biologiques, parents) pour débuter et réaliser un projet d'adoption.

Bien sûr, il est plus facile d'adopter avec l'appui de notre entourage. Il est triste de voir des familles déchirés en deux parce que certains de ses membres n'acceptent pas l'adoption d'un enfant venu d'ailleurs (oui, ça existe). Après tout c'est votre projet, votre vie, vous devez être assez fort pour surmonter toutes les difficultés sinon, renoncez.

Vrai Faux
34. Le revenu familial doit être d'au moins 50 000$ pour pouvoir adopter un enfant d'un autre pays.

Pas pour l'instant. Les coûts augmentent sans cesse, mais il est possible d'emprunter pour réaliser votre projet. Évidemment, il faut considérer votre capacité financière de satisfaire les besoins de l'enfant. De toute façon, c'est l'un des éléments de l'évaluation psychosociale.

Vrai Faux
35. L'adoption internationale est bien acceptée par les pays d'origine si les adoptions réalisées respectent les lois de ces pays.

En général, les autorités des pays ouverts à l'adoption le demeurent si cette condition est respectée. Les personnes qui s'adonnent à des adoptions illégales risquent de provoquer la fermeture du pays à l'adoption, voire la fermeture des pays voisins. En adoption internationale, vous êtes forcément un ambassadeur de votre pays, responsable de sa réputation.

Vrai Faux

36. Les pays d'adoption n'exigent pas que les parents escortent eux-mêmes l'enfant adopté.

Certains pays l'exigent. Certains exigent même deux voyages, un pour l'étape du jugement d'adoption, l'autre pour venir chercher l'enfant. Par contre, d'autres pays ne l'exigent pas et l'enfant peut venir au Québec avec une escorte (un adulte responsable).

Vrai Faux
37. Pour la majorité des gens, un enfant adopté n'est pas différent d'un enfant biologique.

Soyons positif. Tant pis pour la minorité qui pense le contraire. Par ailleurs, le parent adoptif est différent du parent biologique aux yeux de bien des gens dont, par exemple, ceux qui estiment que la mère naturelle a droit à un congé plus long que la mère adoptive.

Vrai Faux
38. Un enfant étranger élevé dans notre culture en bas âge ne connaîtra pas le racisme.

Il n'y a pas de vaccin contre ce fléau.

Vrai Faux
39. Il faut éviter de parler à l'enfant adopté de ses origines ou de son passé.

Au contraire, il faut lui en parler, mais sans insister. Si cela intéresse l'enfant, il en demandera plus. Sinon, il n'est simplement pas prêt à entreprendre sa démarche de recherche de ses origines.

Vrai Faux
40. Les parents biologiques de l'enfant sont si heureux que leur enfant soit adopté et ne manque de rien qu'ils ne souffrent pas de s'en séparer.

Quelle idée farfelue! Presque tous les parents sont désemparés de devoir se séparer de leur enfant; les autres n'auraient pas dû être parents. Probablement que les parents biologiques souffrent tout particulièrement du fait qu'ils n'ont aucun moyen de savoir si leur enfant ne manque de rien ou pas. Ils n'ont généralement pas accès à des renseignements sur les parents adoptifs ou sur l'enfant. Les retrouvailles internationales sont parfois possibles mais difficiles à réaliser parce que les antécédents de l'enfant sont le plus souvent mal connus.

Vrai Faux
41. Parce que les enfants doivent être examinés par des médecins avant d'entrer au Québec, ils ne présentent pas de problèmes de santé majeurs.

L'examen vise à détecter des maladies graves comme l'hépatite B et le sida mais on ne peut pas dire qu'un enfant qui arrive ici avec une shigellose, l'hépatite A et la tuberculose (cas réel) n'a pas de problèmes de santé majeurs. Et il y a des cas d'enfants adoptés séropositifs même si le test fait là-bas avait été négatif.

Vrai Faux




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©  Copyright 1997 Gilles Breton Tous droits réservés.
Date de publication: 2 décembre 1997
URL = http://www.quebecadoption.net/adoption/preadopt/mythes2.html