Dossiers éthiques:
L'adoption via Internet


    Ces derniers temps l’adoption s’est retrouvée au devant de l’actualité, encore une fois à cause d’un scandale. Comment a-t-on pu proposer deux et même plusieurs fois les mêmes enfants ? Il y a des gens sans scrupules, comme une dénommée Tina qui a proposé et fait adopter des jumelles à un couple californien. Mais en Californie, la loi permet que dans les 90 jours (30 jours au Québec) suivant la signature du consentement à l’adoption, les parents biologiques puissent reprendre leur enfant sans aucune procédure à accomplir. Comme un couple de Grande-Bretagne avait offert à la dénommée Tina le double d’argent pour avoir les fillettes, Tina a demandé à la mère de se prévaloir du droit de reprendre ses enfants, ce qu’elle a fait après 2 mois de placement chez le premier couple.

Ainsi le couple anglais est arrivé en Arkansas où les procédures d’adoption sont très rapides, et les parents sont repartis en Grande-Bretagne avec leurs jumelles adoptées munies de passeports américains avec des visas de touriste de 6 mois. Arrivée chez elle, la dame anglaise s’est vantée du bon coup qu’elle avait fait, mais l’histoire est tombée dans l’oreille d‘un journaliste qui enquêtait déjà sur la dénommée Tina et ses pratiques douteuses.

Comme le couple anglais n’avait pas obtenu l’agrément des services sociaux britanniques pour adopter à l’international, ces derniers ont enlevé les enfants au couple et les ont placés dans une famille d’accueil en attendant qu’un tribunal statue sur l’avenir de ces pauvres enfants. Aux dernières nouvelles, la mère biologique voudrait les reprendre, mais aussi le père, divorcé de la mère, mais néanmoins père des deux petites filles! Le père veut reprendre ses filles pour les remettre au premier couple de Californie qui avait gardé les enfants pendant deux mois.

«L’adoption, OUI, mais pas à n’importe quel prix!»

Comment est-ce possible une histoire aussi monstrueuse? Il n’y a pas encore de lois pour régir l’usage d’internet en regard de l’adoption et donc n’importe qui peut faire à peu près n’importe quoi dans ce domaine. Il semble que le gouvernement américain veuille légiférer pour qu’un tel scandale ne puisse arriver à nouveau. Finalement l’histoire aura eu au moins ce côté positif.

À mon avis, l’adoption d’enfants devrait toujours être supervisée par les services sociaux d’un État ou d’un pays qui procéderaient à l’évaluation des capacités parentales d’une part et à la vérification de l’adoptabilité de l’enfant d’autre part pour ensuite jumeler au mieux enfants et parents.

Tout n’est pas mauvais avec l’internet, mais il doit absolument y avoir un contrôle. Un exemple de bon usage est supervisé par les services sociaux ontariens. Ils ont ouvert un site internet pour proposer, avec photos et texte de présentation, des enfants adoptables, mais qui ont des difficultés à trouver des parents. Le but est de trouver des familles à ces enfants car le circuit normal ne fonctionne pas pour eux. Comme on ne trouve pas de parents qui d’emblée s’offrent pour adopter des enfants handicapés, plus âgés, des fratries, on présente des cas d’enfants avec qui des parents tombent en amour et se sentent prêts à les accueillir.

Il est clair que les sites internet ne devraient jamais présenter des bébés, pour lesquels il y a une longue liste d’attente. Internet peut être un outil efficace en adoption, mais les sites doivent absolument être gérés et contrôlés par les services sociaux, sans tractation d’argent autre que pour les frais administratifs.

L’adoption, OUI, mais pas à n’importe quel prix!

 

Source:

Claire-Marie Gagnon, Texte paru dans «La Cigogne», journal de la Fédération des parents adoptants du Québec, Printemps 2001, pages 29-20.

 

 




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©  Copyright 2001 Claire-Marie Gagnon - Gilles Breton Tous droits réservés.
Date de publication: 20 mai 2001
URL = http://www.quebecadoption.net/adoption/preadopt/ethique3.html