L'identité des adolescents adoptés

L’estime de soi de l’adolescent adopté

Résultats de recherche

D’après trois recherches consultées, les adolescents adoptés auraient une estime de soi comparable aux non- adoptés voire même supérieure. Seulement 10% auraient une basse estime de soi.

Chez les filles, l’estime de soi est fortement influencée par la façon dont elles sont perçues par leurs pairs. Chez les garçons, la classe sociale semble être la variable ayant le plus d’impact. Ils se perçoivent mieux s’ils proviennent d’un milieu aisé.

«La conscience que l’individu a de sa propre valeur est fonction de la considération de ceux qui comptent à ses yeux.»

L’adoption internationale au Canada. P.12

À l’adolescence, les filles sont plus nombreuses que les garçons à avoir des problèmes d’identité et d’estime de soi mais tout se replace à l’âge adulte. Peut-être est-ce en raison de l’importance du physique qui reprend des proportions plus normales en vieillissant ?

On ne le dira jamais assez, l’estime de soi est grandement reliée à l’image que l’enfant se fait de lui-même. Et cette image, il la voit surtout à travers les yeux de ses parents. L’intérêt que lui portent ses parents est très important. Beaucoup d’amour et surtout une bonne discipline et de la cohérence sont nécessaires.

On explique la haute estime de soi chez l’ado adopté au fait que les parents feraient beaucoup plus pour leurs enfants que la moyenne des gens. On est en droit de supposer que désirer un enfant longtemps, l’attendre également pour une longue période, renforce le désir de s’investir à fond dans le rôle parental.

Il faut dire aussi qu’ils se sont fait dire par l’évaluateur qu’ils sont aptes à devenir de bons parents. La pression pour le demeurer est là.

Pour la plupart des familles, la situation économique, sociale et éducative est relativement plus élevée que la moyenne. Ce milieu et cette éducation favoriseraient également la haute estime de soi.

Le prédicateur par excellence serait la qualité des relations familiales. Le sentiment d’appartenance à la famille est un facteur important. L’enfant qui se sent aimé et accepté pour ce qu’il est, a plus de chance de se considérer comme une bonne personne.

L’importance de l’identité ethnique

Un autre facteur très influent est l’identité raciale. Parler à son enfant de ses origines, de sa race et de sa culture est important.

D’après la recherche de madame Morrier auprès d’adolescents québécois d’origine haïtienne et chinoise, l’identité ethnique est un facteur déterminant de l’estime de soi. Lorsque l’identité ethnique est claire chez un jeune et qu’il l’accepte, il a une plus forte estime de lui-même et de meilleurs relations avec ses pairs.

Il semble que les familles qui ne mettent pas l’emphase sur l’identité ethnique d’un enfant mais qui n’ignorent pas pour autant sa culture et ses origines, ne nuisent pas à l’estime de soi.

Il s’agit donc de bien doser, d’être fier de la race et des origines de son enfant mais de ne pas nécessairement pousser le jeune à s’identifier à son groupe d’origine s’il n’en manifeste pas le désir. Soyez à l’écoute de ses besoins.

Une façon de démontrer que vous appréciez sa race et sa culture, est de lui faire connaître et fréquenter des gens de son milieu d’origine. Attention, ce peut être un couteau à deux tranchants. Trop pousser vers ses origines alors que le jeune ne le souhaite pas, peut l’amener à se sentir différent et penser qu’il n’a pas sa place dans le groupe majoritaire.

Le regard que vous portez sur les parents d’origine est également important. Si l’ado perçoit sa mère d’origine comme une bonne personne, il a de fortes chances de se percevoir, lui aussi, comme une bonne personne, puisqu’il partage un bagage génétique avec cette mère.

Le cercle d’amis est également très important. Est-il bien entouré ? Est-il bien intégré au milieu scolaire ? Les relations avec les pairs lui renvoi une image d’acceptation ou de rejet?

Dangers à surveiller

Malgré les résultats positifs de recherche, il y a des situations propres à l’adoption qui peuvent nuire à l’estime de soi. Il ne faut pas les perdre de vue.

  1. Vivre le racisme amène le jeune à se dévaloriser.
  2. Se sentir incomplet en raison d’un manque d’informations sur ses origines. Avoir à répéter qu’il ne sait rien de ses origines à qui veut l’entendre devient aliénant.
  3. Son image du roman familial peut lui avoir donné l’impression de ne rien valoir, de ne pas avoir été désiré, d’être non aimable.
  4. Se sentir à part du clan familial par sa différence raciale ou d’adopté.
  5. Se donner moins de valeur en se percevant comme un deuxième choix
  6. Se sentir honteux d’être adopté.
  7. Intégrer les images négatives que la société a de son groupe ethnique.
  8. Se sentir rejeté par les pairs.

Auteure:
Lucie Bourdeau
Familles au coeur québécois, janvier 2002



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Date de publication: janvier 2002

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