Extrait de «Fleurs du monde»
(Journal de Familles au coeur québécois)

Maman solo

 Qui sont-elles toutes ces femmes qui ont adopté en solitaire par choix et qui sont chefs de famille monoparentale par choix également ? Pourquoi ont-elles voulu faire une place à un enfant dans leur vie et voir s'envoler leur liberté ? Fleurs du monde a cherché réponses à ses questions et a rencontré plusieurs d'entre elles, pour la plupart lors d'un souper partage réunissant mères et enfants à Gatineau en février 2001.

Au Québec, environ 10 % des adoptions internationales sont faites par des célibataires (par ce, nous entendons qui ne vivent pas en couple) et de ce nombre la très très grande majorité, soit 9 %, par des femmes. Qui sont-elles ces femmes ?

Des femmes, à ce que nous avons pu constater lors de ce souper et au cours des autres entretiens que nous avons eus, dans la trentaine et dans la quarantaine majoritairement, professionnelles, issues du domaine de l'enseignement, de la petite enfance ou de la santé pour la plupart. Des femmes qui n'avaient pas d'enfant en chair et en os avant d'en adopter et qui ont toutes, ou presque, adopté des petites filles.

Des femmes qui avaient et qui ont toutes encore beaucoup d'amour à donner. Des femmes, pour qui les circonstances de la vie n'ont pas mis sur leur chemin un papa pour leur enfant et qui ont décidé de ne plus en attendre un pour connaïtre la parentalité ou pour vivre, par choix, sans conjoint, pour fonder leur famille.

Besoin à combler 

Le désir de partager sa vie avec un enfant et de le cajoler n'est pas un besoin ni un sentiment réservé aux couples. À l'instar des couples qui ont voulu adopter par choix ou en raison du drame de l'infertilité, les femmes célibataires ont souvent et ont souvent eu à justifier leur désir et leur choix d'adopter. Heureusement, la société marginalise de moins en moins ces femmes et le nombre croissant de familles monoparentales issues du divorce, du décês du conjoint ou simplement du choix d'une jeune mère célibataire d'élever elle-même l'enfant à qui elle a donné naissance, n'est pas étranger à l'acceptation du phénomêne de la monoparentalité et de la parentalité célibataire.

Selon des recherches récentes, les enfants adoptés et élevés par des célibataires se comparent favorablement aux autres enfants adoptés par des familles biparentales. C'est plutôt l'instabilité engendrée par un foyer désuni que l'absence d'un parent, qui cause des problèmes à l'enfant.

Chemin parcouru

La feuille de route des femmes rencontrées diffêre d'une à l'autre, le cheminement varie en longueur et selon le vécu de chacune d'entre elles mais l'aboutissement reste le même, soit l'adoption d'un enfant.

Enfant unique, enfant de famille nombreuse, deuil d'un divorce, éclatement d'une relation, fausse couche, naissance d'un enfant mort-né, infertilité, échec de l'insémination artificielle, recherche sans lendemain d'un conjoint, besoin criant d'être mère, désir d'adopter enfoui quelque part en elles, deuil d'un projet d'adoption antérieur qui a mal tourné, rencontre d'une famille qui avait adopté des enfants et qui a fait germer l'idée d'adopter à son tour ou avancement en âge sont toutes des raisons ou étapes de vie qui font partie intégrante du bagage pré-adoption pas si lointain de ces femmes. Une paix intérieure, une acceptation de soi, de l'amour à donner et surtout, mais surtout un gigantesque désir d'enfant qui a surgi et resurgi et qui a abouti amoureusement à l'adoption d'un enfant pour chacune de ces femmes.

Fille ou garçon

Que leurs enfants viennent de la Chine, d'Hati, du Guatémala ou de la Roumanie, pourquoi les mamans à qui nous avons parlé, ont-elles presque toutes adopté des filles ?

Certaines d'entre elles nous ont confié avoir délibérément choisi d'adopter une fille, se sentant plus près de la réalité féminine et s'identifiant plus facilement à une fille qu'à un garçon surtout en sachant qu'elles seraient seules pour l'élever. Pour une autre, la porte avait été laissée ouverte à l'adoption d'un garçon, la préférence allant toutefois à une fille. Deux autres mamans nous ont répondu que le sexe de l'enfant importait peu et c'est le hasard de la nature ou les enfants qui pouvaient être adoptés au moment de la présentation du dossier dans le pays de l'enfant qui a voulu que l'une ait une fille et l'autre un garçon.

Il reste cependant que la plupart des femmes célibataires adoptent des filles probablement en raison de l'identification qui est plus facile à une fille qu'à un garçon quand on est femme et de la grande ouverture de la Chine à l'adoption de fillettes. D'ailleurs, l'adoption de petites Chinoises compte pour près de la moitié de toutes les adoptions au Québec.

Petite ou grande famille

Toutes les femmes interrogées se disent très heureuses de former une famille et aucune ne regrette son choix. Leur famille s'agrandira-t-elle ? Pour certaines la réponse est claire et pour d'autres, elle l'est un peu moins tant du côté pile que du côté face. Les frais encourus, l'ampleur de la responsabilité, l'énergie, la place qu'occupe l'enfant dans leur vie, l'amour qu'il reste encore à donner, l'approche ou l'arrivée de la ménopause et de ses sautes d'humeur ou le got d'avoir plus d'un enfant sont toutes des raisons qui motivent la décision d'avoir un autre enfant ou non. Pour certaines, l'adoption d'un deuxiême enfant n'est pas exclue, la décision peut tout simplement être reportée à plus tard. Et l'adoption de ce deuxiême ne se fera pas nécessairement dans le même pays que celui de l'enfant qu'elles ont déjà !

Soutien

Le soutien que les amis et la famille ont apporté tout au cours des procédures d'adoption a été très important dans le vécu de ces femmes. après tout, elles n'ont pas joui de l'appui d'un conjoint pour partager toutes les joies et les peines du rassemblement des fonds nécessaires, de la paperasserie administrative et de l'attente. Et ce même soutien est tout aussi important aujourd'hui alors qu'elles sont seules pour élever leur enfant, pour s'émerveiller devant ses prouesses, pour voir à tous ses besoins et pour s'offrir un petit moment de répit alors qu'une personne chêre peut prendre la relêve une fois de temps en temps et pour qu'elles puissent garder contact avec le monde des adultes. Ce n'est pas toujours facile d'élever un enfant et encore moins quand on est seule. Toutefois le fait pour l'enfant de n'avoir qu'une seule parent signifie qu'il n'a à s'adapter qu'à une seule figure parentale.

Dans les cas d'enfant unique surtout, la relation mère-enfant est empreinte d'intimité. La mère a plus de temps à consacrer à l'enfant; elle n'a pas à partager son attention entre plusieurs enfants. Cela peut toutefois être accaparant d'où l'importance d'avoir un bon réseau d'entraide.

Une présence masculine compte pour beaucoup dans la vie de cette petite famille. Que ce soit un grand-père , un oncle, un frêre, un cousin, un parrain ou un bon ami, leur présence dans l'entourage immédiat revêt une importance primordiale et sur ce, toutes les mamans sont entiêrement d'accord.

Que réserve l'avenir ?

Un petit frêre ou une petite sur à l'horizon? Qu'importe la décision que ces femmes ont prise ou prendront à ce sujet, il reste que leur famille est une famille au même titre que toutes les autres familles et que leurs enfants grandiront dans un environnement d'amour. Et puis si jamais il y a un conjoint-papa qui venait à se greffer dans le jardin de cette famille, l'heureux élu aura trouvé un bouquet à deux ou trois roses plutôt qu'une, rires, chatouilles et égratignures compris !

À Chantal-Anne, Darquise, Denise, Guylaine, Janine, Lucie, Nadine et Ruth et toute leur ribambelle d'enfants, un gros merci d'avoir partagé vos capsules de bonheur.

Nycole Dumais 

NDLR : Ce tableau est un sommaire des pays qui acceptent à l'heure actuelle que des célibataires adoptent des enfants (il ne tient pas compte des pays ouverts aux couples). L'information était exacte au moment d'écrire ces lignes. Pour de plus amples renseignements, priêre de contacter le Secrétariat à l'adoption internationale au 1-800-561-0246 ou au 514-873-5226.

PAYS
FEMMES OU HOMMES CÉLIBATAIRES
FEMMES CÉLIBATAIRES SEULEMENT
PAS D'INSCRIPTION EN CE MOMENT
Bélarus
 
X
 
Bolivie
 
X
X
Chine
X
(hommes doivent avoir plus de 40 ans pour adopter une fille)
 
 
Dominique
 
X
 
Georgie
 
X
X
Hati
X
 
 
Honduras
X (possible mais difficile)
 
 
Inde
X
 
 
Moldavie
X
 
 
Roumanie
 
X
 
Russie
X
 
X
Ukraine
 
X
 
Viêt-Nam
X
 
 

 Un groupe de mamans monoparentales qui ont adopté en solo est présentement en formation. Le groupe est également ouvert aux mamans divorcées ou veuves qui ont adopté et aux célibataires qui pensent à l'adoption. Il suffit d'appeler Denise Fontaine au 246-3443 ou Guylaine Lalande au 778-2125 pour plus de détails.

Extrait de Fleurs du monde, Été 2001

 

Pages de Familles au coeur québécois
dans le site «Québecadoption.net»
www.quebecadoption.net
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20 juillet 2001