Extrait de «Fleurs du monde»
(Journal de Familles au coeur québécois)

De mère adoptive à grand-mère

Je dois dire que lorsque ma fille Pilar m’a annoncé qu’elle était enceinte, ce fut tout un choc. Et quand j’ai réalisé que je serais grand-mère à 38 ans, ouf ! Ce fut un coup dur. J’étais inquiète pour elle puisqu’elle n’avait que 17 ans et qu’elle était encore aux études. Une fois le choc passé, j’étais contente. J’étais pour être grand-mère.

Je suis passée par beaucoup d’émotions diverses durant sa grossesse. Puisque Pilar habitait encore avec nous, c’est moi qui allait avec elle aux rendez-vous chez le médecin. La première fois que j’ai entendu le cœur du bébé, j’en avais les larmes aux yeux et imaginez maintenant mon enthousiasme à l’échographie! C’était ma première expérience, je pense que j’étais plus excitée que ma Pilar !

L’accouchement s’est très bien déroulé. Le travail a duré 8 heures (apparemment c’est court pour un premier bébé). Pour nous, ça nous a semblé que ce bébé-là n’était jamais pour sortir ! L’infirmière était plus inquiète pour moi que pour Pilar (elle était tellement calme, une patiente modèle aux dires de l’infirmière). Elle pensait que j’étais pour tomber dans les pommes à force de pousser si fort… avec mon visage. Puis Julien est enfin né le 30 novembre 2001.

Ma fille avait des craintes au début que je prenne trop de place avec le bébé. Elle sait que j’aime beaucoup les enfants (j’ai 32 neveux et nièces) et j’ai beaucoup d’expérience avec eux. Je lui ai expliqué que c’était elle la mère et moi la grand-mère et que si elle s’apercevait que j’empiétais sur son terrain, de me le dire. Mais aujourd’hui tout va bien,

Pilar et Julien, maintenant âgé de presque un an, habitent toujours avec nous. Tous les jours il y a du nouveau. Ça change vite un bébé. Ma fille étudie constamment le livre que le CLSC lui a donné à la naissance de Julien. Elle veut s’assurer que le petit se développe normalement et parfois quand elle n’est pas certaine de quelque chose, elle me demande des conseils. C’est tellement beau de la voir avec son enfant, elle est une très bonne mère, elle est tellement attentionnée à tout ce qu’il fait, et laissez-moi vous dire qu’il en fait des choses ! Il est un petit clown, il est toujours souriant, et fait de drôles de grimaces, on dirait qu’il sait qu’il nous amuse.

Il faut que j’admette toutefois que j’ai beaucoup envié ma fille et qui plus est, que j’en étais jalouse au début. Je me disais que la vie n’était pas juste des fois. D’un côté, une jeune fille qui ne prévoyait pas avoir d’enfants avant plusieurs années et qui tombe enceinte à l’âge de 17 ans et de l’autre côté, moi, qui ne pouvait pas avoir d’enfant depuis l’âge de 21 ans et qui avait tout essayé pour en avoir (fécondation in vitro). Heureusement qu’il y a l’adoption ! Mais il faut se dire que les choses arrivent toujours pour une raison. Aujourd’hui, nous avons deux beaux enfants et nous avons un petit-fils que nous aimons et adorons et qui nous apportent beaucoup de joie. Nous en profitons au maximum.

Bernadette Fortin, grand-maman comblée

Extrait de Fleurs du monde, Automne 2002

 

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17 novembre 2002