Extrait de «Fleurs du monde»
(Journal de Familles au coeur québécois)

Adoption, déficit de l'attention et hyperactivité

À peu près 5 % de la population en général vit avec le syndrome du déficit de l'attention et de l'hyperactivité (DAH). Chez les enfants adoptés, le pourcentage passe à 30 et 40 %. Comment expliquer ce phénomène ? Voici ce que Can't You Sit Still ? Adoption and Attention Deficit Hyperactivity Disorder de Randolph W. Severson nous a permis d'apprendre.

Les experts l'ignorent. Ils savent cependant que le déficit d'attention avec hyperactivité est un facteur héréditaire. Il court dans les familles !

Les parents adoptifs qui ont un enfant hyperactif avec déficit d'attention peuvent être comparés par exemple, à tout nouvel étranger d'un pays nordique qui vient s'établir dans un pays tropical. Il souffre de la chaleur, de l'insolation et du manque d'eau. L'adaptation est difficile.

Une explication plausible est que les parents adoptifs cherchent plus que les autres parents un traitement et un diagnostic pour leur enfant ce qui a pour effet de faire grimper les statistiques. Ces parents, en raison probablement de leur expérience grâce aux démarches nécessaires en pré-adoption, consultent plus et connaissent un peu plus les rouages du système de santé. Il est vrai que les parents adoptifs sont en général plus éduqués et plus à l'aise financièrement que la vaste majorité de la population.

L'adoption est une industrie lucrative qui emploie divers professionnels. Et il est également vrai que le DAH est le syndrome le plus diagnostiqué chez les enfants. C'est donc dire qu'une industrie du déficit d'attention avec hyperactivité existe.

Une autre théorie suggère que le phénomène de «la tête dans les nuages» est un point souvent rencontré chez les enfants adoptés. Les personnes adoptées se sentent souvent déconnectées de la réalité. Elles se sentent souvent comme un étranger en terre étrangère. Elles semblent flotter dans la vie. Elles sentent qu'elles voguent à la dérive et qu'elles se perdent. Elles se posent mille et une questions telles que : Pourquoi ai-je été adopté ? À qui est-ce que je ressemble ? Comment sont mes parents biologiques ? Ces caractéristiques peuvent être présentes chez nombre de personnes adoptées ce qui expliqueraient l'agitation impulsive. Si cette théorie s'avère exacte, alors à peu près toute personne adoptée normale court le risque d'avoir un mauvais diagnostic de DAH. De plus, le très petit nombre de professionnels en DAH qui connaissent et comprennent réellement ce qu'est l'adoption ajoutent probablement au fait que le diagnostic de DAH tombe souvent chez les enfants adoptés !

Être parent d'un enfant ayant un DAH est une épreuve émotive parsemée de montagnes au pic élevé et de vallées creuses. C'est également extrêmement difficile physiquement, très fatigant et exténuant.

Pour les parents adoptifs, la situation est parfois encore plus sévère car règle générale, les parents adoptifs commencent leur famille plus tard que les parents biologiques.

Bougez, faites de l'exercice, mettez-vous en forme. Un parent en forme peut faire face plus facilement au stress, à la frustration et à la colère que déclenchent un enfant ayant un DAH.

Les enfants ayant un DAH sont souvent frustrés, ne s'intègrent pas, ne sont pas aimés, n'ont pas d'amis et ne sont pas félicités. On peut les comparer à une station radiophonique qui «n'est jamais sur le poste». L'enfant se sent comme s'il était dans un champ plein de lucioles où il y en a une ici, une là et encore ici et encore là.. Il court après l'une ou l'autre sans jamais l'attraper, mais ce n'est pas grave car il y en aura toujours une autre qui apparaîtra, à gauche ou à droite, en haut, en bas.

Les enfants ayant un DAH réussissent mieux lorsqu'ils font des sports individuels que des sports d'équipe : des sports individuels tels que la gymnastique, la danse, les arts martiaux, la pêche, la natation, le canot, le golf qui sont moins stressants que les sports d'équipe.

Le diagnostic de DAH tombe rarement avant l'entrée à l'école. La plupart des enfants chez qui on établit un tel diagnostic sont des garçons.

Bonne rentrée !

Nycole Dumais

Autres références à consulter :

  • Ces enfants qui bougent trop de Claude Desjardins
  • Ces parents à bout de souffle de Suzanne Lavigueur
  • Adoptive Parents' Guide to ADHD par Jennifer Smart dans Post-adoption Helper, août 1997

Extrait de Fleurs du monde, Automne 2001

Pages de Familles au coeur québécois
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17 novembre 2001