Extrait de « Fleurs du monde
(Journal de Familles au coeur québécois)

Un autre enfant dans votre famille?

Je suis dans une phase de ma vie où je me demande si ma famille est complète. Mon conjoint et moi avons toujours voulu quatre enfants. Nous rêvions d’une famille composée de deux enfants adoptés et deux enfants biologiques. C’est ainsi que nous avons entamé des démarches d’adoption en Haïti et que Valérie est arrivée, il y a déjà cinq ans. Cinq mois plus tard naissait Étienne et l’été dernier, Guillaume est né au grand bonheur de ses deux aînés. Depuis que le troisième est arrivé, pour diverses raisons, je crois que ce sera le dernier.

Depuis six mois maintenant, j’y pense beaucoup et lorsque j’ai appris (via notre rédactrice en chef) que le journal avait comme thème le deuil, j’ai pensé que j’étais en train d’en vivre un : le deuil de l’arrivée d’enfants dans la famille. J’ai alors interrogé les gens autour de moi afin de connaître les raisons pour lesquelles ils avaient un, deux, trois, … enfants. Je leur ai également demandé de quelle façon ils vivaient ce deuil-là.

Pour les familles adoptives, une des raisons majeures à la limite du nombre d’enfants est la question financière. Les démarches d’adoption sont dispendieuses et c’est un facteur qui détermine souvent la taille de la famille. Plus le nombre d’enfants est élevé, plus il y a également de facteurs économiques qui entrent en ligne de compte : le revenu familial, la grosseur de la maison et de la voiture, les activités des enfants, les études, etc.  $$$

Pour d’autres, la patience n’est pas au rendez-vous pour une famille nombreuse. Pour certains, c’est l’âge des parents qui est une préoccupation. La santé des parents ou même des enfants est un autre facteur décisif. Le destin choisit pour des parents tandis que pour d’autres, le choix est très calculé et réfléchi. Pour les familles où il y a un ou des enfant(s) biologique(s), une autre raison s’ajoute à celles énumérés ci-dessus :  certaines femmes n’ont plus envie de vivre une autre grossesse. C’est alors elles qui prennent la décision.

De plus, lorsque le père et la mère n’ont pas la même vision de la grosseur de la famille, une des deux personnes doit faire des concessions. C’est vraiment un deuil !

Ce deuil se vit de façon différente. Plusieurs parents ne le ressentent pas du tout. Ils profitent de chaque moment avec leur(s) enfant(s) et ont également hâte à chaque nouvelle étape. Pour d’autres (ma catégorie), tout en profitant de chaque moment, ils ont un pincement au cœur en se disant que pour chaque étape (les premiers pas, les premiers mots, la première journée d’école, etc.), ce sera la dernière fois qu’ils vivront cela. Je comprends maintenant pourquoi certaines mamans dont les enfants sont adultes ont très très hâte de devenir grands-mères.

Présentement, nous sommes toujours dans une phase de réflexion. Notre décision n’est pas à 100 % prise. Je crois toutefois que la porte est fermée à un quatrième enfant (adopté ou biologique)… mais … elle n’est pas verrouillée !!! Une chose est certaine :  je regarde mes enfants grandir et je profite de tous ces beaux moments uniques car on ne les vit qu’une fois !

Lucie Marchand

Extrait de Fleurs du monde, Été 2003

 

Pages de Familles au coeur québécois
dans le site «Québecadoption.net»
www.quebecadoption.net
Courriel
Courriel

Page d'accueil
Haut
Haut de la page
9 juillet 2003