Extrait de « Fleurs du monde
(Journal de Familles au coeur québécois)

Créer des liens d'attachement de façon multisensorielle

Les très jeunes enfants sont des êtres essentiellement sensoriels. Leur environnement est défini par leurs sens : ce que les choses ont l’air, ce qu’elles goûtent, sentent, ce que l’enfant ressent à leur toucher et au son qu’elles émettent. Il est toujours préférable qu’un enfant grandissent dans un milieu qui lui est familier. Les enfants adoptés partent d’un tel milieu, même s’il n’est ni enrichissant ni stimulant, pour arriver dans un nouvel environnement étranger qu’est celui de leur famille adoptive.

Patricia Irwin Johnston dans Launching a Baby’s Adoption traite au chapitre trois de son livre de plusieurs façons d’intégrer le connu sensoriel de l’enfant à son nouvel environnement. Les enfants adoptés ont, entre autre à faire le deuil de leurs points de référence connus : la nounou, la nourriture, les sons, les odeurs, les voix, la langue, la culture d’où l’importance de conserver ce qui est familier à l’enfant.

Les nouveaux parents adoptifs éprouvent beaucoup de difficulté à accepter ce principe. Les nouveaux parents, en tant que parents, s’attendent à ce qu’on les confirme dans leur rôle de parents: droit de décorer la chambre de l’enfant à leur goût, droit de décider des vêtements, droit d’établir la routine familiale, droit de servir la nourriture à leur goût, etc.

Demander aux parents adoptifs d’adapter leur façon de faire les choses et de maintenir la routine que l’enfant avait avant qu’il ne soit avec eux, peut faire rappeler à ces parents que leur famille est différente de celle formée par l’arrivée d’un enfant biologique. Ces parents peuvent sentir qu’ils ne sont pas maîtres chez eux.

Créer un lien d’attachement dans le cas d’adoption sous-entend que l’on doive se prêter à un nouvel style de «parenting». Les adoptions doivent être centrées sur l’enfant.

Plus l’enfant est âgé, plus ses points de repère sensoriels sont importants, c’est-à-dire ceux qu’il a connus jusqu’à son arrivée au sein de sa famille d’adoption. Le parent doit faire preuve de flexibilité et laisser l’enfant le guider dans son adaptation. Petit à petit, l’enfant s’adaptera aux nouvelles expériences sensorielles et aux nouvelles routines qui s’harmonisent mieux aux préférences et au mode de vie de ses parents adoptifs.

Patricia Irwin Johnston suggère aux parents adoptifs qui souhaitent ajouter une touche personnelle à l’environnement de l’enfant qui leur sera confié, de lui faire parvenir des objets de transition tels que jouets, couvertures, vêtements, photos, cassettes. Elle suggère également aux parents, une fois que l’enfant est dans son nouvel environnement, d’inclure des objets, des sons (musique ou autre), des odeurs (nourriture) qui lui sont familiers.

Les parents peuvent faire l’achat dans le lieu d’origine ou dans des magasins ethniques ici de mêmes savons, parfums, produits de nettoyage que ceux que connaît l’enfant et de les utiliser ici.

Les parents peuvent demander aux personnes qui s’occupent de l’enfant, d’apporter sa couverture ou ses vêtements et de donner en échange d’autres vêtements ou objets.

Patricia Irwin Johnston traite dans ce chapitre de tous les sens : vue, ouie, odorat et toucher. Un livre à déguster !

Nycole Dumais

Extrait de Fleurs du monde, Hiver 2004

 

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4 mars 2004