Extrait de « Fleurs du monde
(Journal de Familles au coeur québécois)

MOI, PÈRE DE DEUX ENFANTS

Je ne sais pas si je suis un bon père. Mes parents croient que oui. Mon épouse aussi. Tout ce que je puis dire, c’est que je désire le bien de mes enfants et que j’y consacre beaucoup d’énergie.

Être père n’est pas facile, c’est exigeant, mais c’est agréable. Un jour, un petit enfant atterrit dans vos bras, et vous sentez immédiatement le désir de le protéger et de l’aimer. Cela peut être dans une salle d’accouchement comme pour mon garçon Félix ou dans une chambre d’hôtel en Chine, comme ce fut le cas pour ma fille Gloria.

Dans les deux cas, ce fut une joie immédiate. Dans les deux cas, l’enfant a pleuré, mais s’est vite calmé. Dans les deux cas, on est vite rassuré et on se dit: allons-y la vie nous attend.

Je crois être près de mes deux enfants aujourd’hui âgés de neuf (Félix) et deux ans (Gloria). Dans les deux cas, j’ai eu beaucoup de joie à être en leur présence, à les écouter, les voir grandir et à faire des activités avec eux.

L’amour c’est beau mais cela inclut de dire non parfois. Et c’est une partie que je trouve difficile. Comme parent, on pense à moyen et long terme, on voit des conséquences, des enjeux. L’enfant pense à court terme, de là les étincelles. Mais je n’ai pas trop peur de ces petites chicanes, je garde le cap, bien appuyé par mon épouse.

De temps en temps, il m’arrive de regarder les vidéos et les albums de photos. Je constate alors combien l’un et l’autre ont grandi. J’ai peine alors à croire comment le temps passe vite. Mes parents me le disaient eux aussi, mais quand on est jeune on ne le croit pas. On pense que nos parents ont toujours été vieux et qu’ils sont nés au Précambrien. Quand on devient parent, on se rend compte que le temps est bien court et qu’il vaut mieux jouir du moment présent, qui ne revient jamais.

Je suis donc père deux fois, c’est drôle d’y penser. Je vois mon rôle comme celui d’un tremplin; je donne le meilleur à mes enfants afin qu’ils puissent s’envoler à leur tour, comme et quand ils voudront. En leur donnant mon amour, ils auront la base d’une saine personnalité; la confiance en eux, et le désir d’aller vers les autres. En leur assurant une belle qualité de vie, ils développeront leur potentiel. Après, ce sera à eux de vivre leur vie.

Je ne sais pas si je suis un bon père. On laissera le temps s’écouler pour évaluer tout ça. Entre temps, la tornade du temps présent passe. Ma fille va se réveiller dans un instant et mon fils m’appellera pour aller jouer au hockey. Eux s’en balancent du palmarès des pères. Ils savent que je suis important pour eux et que je suis là.

Maurice Lamontagne
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Extrait de Fleurs du monde, Hiver 2004

 

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4 mars 2004